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KDS à la conquête des États-Unis – Un article du Business Travel News

Marie Ligier | avril 11, 2018

Cet article est une traduction en français d’un article du BTN, Business Travel News, leader et expert américain de l’information sur l’industrie des voyages d’affaires. Vous pouvez trouver la version originale en anglais ici : http://www.businesstravelnews.com/Interviews/KDS-Readies-for-US-Expansion

Voilà plus d’un an que le groupe American Express Global Business Travel s’est porté acquéreur de KDS et que Roxana Bressy a succédé à Dean Forbes au poste de PDG de KDS, suite à son départ en 2016. L’année dernière, l’éditeur de solutions consacrées aux voyages et notes de frais s’est donné le temps de prendre ses marques en restant très discret. En parallèle, l’expansion que connaît aujourd’hui l’équipe de KDS est telle que le vice-président Marketing produit et innovation d’Amex GBT, Oliver Quayle, britannique de son état, a plaisanté sur la création, à l’image des célèbres bus rouges londoniens, de bureaux à double étage. Oliver Quayle, qui a intégré Amex GBT lors du rachat de KDS, et Roxana Bressy, PDG de KDS, se sont entretenus avec JoAnn DeLuna, spécialiste des paiements et des notes de frais chez BTN.

BTN : KDS s’est récemment montré très discret. Sur quoi travaillez-vous actuellement ?

Oliver Quayle : Nous ne faisons pas beaucoup parler de nous depuis un certain temps, car nous nous consacrons actuellement à l’expansion internationale et globale de notre produit pour l’adapter spécifiquement à chaque pays. Rien de très captivant.

BTN : Vous avez connu une « très bonne année » en 2017. Qu’est-ce qu’implique une bonne année pour vous ?

Roxana Bressy : Après un rachat, tout peut arriver. Vous pouvez perdre des clients… Nous sommes parvenus à conserver l’intégralité des nôtres. Nous en avons également séduit de nouveaux. Notre solution voyage a par exemple été sélectionnée par une entreprise de services publics française de premier plan, qui prévoit d’utiliser notre solution consacrée aux notes de frais à la fin de l’année 2018. Nous avons également remporté un contrat voyages et notes de frais auprès de La Poste, qui compte 260 000 collaborateurs. L’ensemble de ses 80 000 postiers utiliseront ainsi KDS Expense sur mobile exclusivement, l’utilisation d’un poste fixe n’étant pas possible dans leur cas. Sur les 12 mois de l’année 2017, nous avons enregistré une hausse des transactions via notre outil comprise entre 13 et 14 %, un chiffre qui, après un rachat, est vraiment exceptionnel.

BTN : Sur quel marché avez-vous enregistré votre plus belle croissance ?

Oliver Quayle : Les pays nordiques. Amadeus est actuellement en train de se séparer de la solution e-Travel et de migrer vers Cytric. Un grand nombre de clients nordiques ne souhaitaient pas cette migration forcée. Cela a sans aucun doute joué en notre faveur. Grâce à Amex GBT, nous bénéficions également d’un important soutien pour notre développement dans la région.

 

« Après un rachat, tout peut arriver. Vous pouvez perdre des clients… Nous sommes parvenus à conserver l’intégralité des nôtres. »

Roxana Bressy

 

BTN : Avant son rachat, KDS peinait à développer sa présence aux États-Unis. Qu’en est-il aujourd’hui ?

Oliver Quayle : Notre maison-mère est basée aux États-Unis. Ses dirigeants se montrent très stricts quant aux critères d’entrée sur le territoire que KDS doit remplir avant de nous donner leur aval et de migrer l’ensemble de leurs clients vers la solution de KDS. Si seul KDS pouvait en décider, le processus serait beaucoup plus rapide. Toutefois, avant la fin du premier semestre 2018, vous commencerez à assister à une énorme quantité de migrations de clients US vers la plate-forme KDS — et je parle de milliers de voyageurs. Pendant les trois premiers trimestres de l’année, nous nous concentrerons sur notre développement aux États-Unis, puis nous passerons à la région Asie/Pacifique au cours du quatrième trimestre.

BTN : KDS a déployé une nouvelle interface KDS Neo Expense sur mobile et sur PC le 20 janvier. Pourquoi avez-vous décidé de la modifier ?

Oliver Quayle : Lorsque nous avons initialement conçu KDS Neo Expense, nous avons pris l’iPad comme référence. L’ensemble des fonctionnalités se basaient ainsi sur le glisser-déposer. Le rendu était agréable et réussi, mais les utilisateurs nous ont indiqué qu’il leur était difficile de glisser-déposer des éléments s’ils utilisaient un autre appareil que l’iPad. Nous avons donc modifié notre façon de faire pour passer au mobile. À présent, il suffit de cliquer ou toucher l’écran. Dès que vous touchez l’interface, la solution anticipe ce que vous êtes susceptible de faire par la suite et suggère les frais qui seront automatiquement ajoutés à votre calendrier. La solution est bien plus intuitive et rapide qu’auparavant.

BTN : Dans le passé, France imposait aux entreprises de conserver des archives papier de l’ensemble de leurs factures et reçus papier, mais la réforme de décembre 2016 leur permet de tout stocker au format PDF. De quelle manière est-ce que KDS assiste ses clients dans le cadre de cette dématérialisation ?

Oliver Quayle : Les processus numériques doivent respecter la législation en termes de sécurité et de certification PDF. Les signatures électroniques que KDS transmet pour le compte de ses clients sont reconnues comme respectant ces obligations légales. Aucun texte n’impose de passer au numérique. Toutefois, en raison du coût que représentent le stockage des reçus et la logistique interne, la plupart des entreprises souhaitent s’affranchir complètement du papier. L’un des clients de KDS avait indiqué détenir près de 40 kilomètres de cartons de reçus. Nous donnons en définitive les moyens à nos clients de passer au 100 % numérique. Il s’agit d’une grande réussite.

Roxana Bressy : Avec l’aide de l’un de nos clients, qui est également l’un des opérateurs télécoms les plus importants en France, KDS a développé le processus dès 2017 et l’a rendu disponible pour l’ensemble de nos clients en avril 2017.

 

« Avant la fin du premier semestre 2018, vous commencerez à assister à une énorme quantité de migrations de clients US vers la plate-forme KDS. Et je parle de milliers de voyageurs. »

Oliver Quayle

 

BTN : Traditionnellement, le secteur des voyages et notes de frais intégrés comptait Concur, KDS et Deem, mais, en septembre, Certify a racheté l’outil de réservation en ligne NuTravel. Quel est votre positionnement concernant l’apparition de ce nouveau concurrent ?

Oliver Quayle : Leur tâche ne sera pas facile, car l’industrie du voyage est très complexe. Je suis convaincu que leur capacité à innover ralentira à mesure qu’ils se rendront compte de cette complexité. Par ailleurs, Certify est essentiellement présent aux États-Unis. Pour se développer en Europe, il leur faudra lancer leur offre comme ils l’ont fait aux États-Unis en y consacrant 20 fois plus d’efforts et en en retirant un vingtième de chiffre d’affaires. Il leur sera difficile d’évoluer tout en développant leur présence à l’international. Bonne chance à eux. Cela confirme le fait que réunir voyages et notes de frais est porteur de valeur. L’apparition d’un autre acteur jouera uniquement en faveur de l’écosystème, car cette nouvelle configuration apportera avec elle innovation et concurrence. À l’heure actuelle, nous avons besoin de plus de concurrence.

BTN : Roxana, comment vivez-vous cette nouvelle expérience en tant que PDG de KDS et quels sont vos objectifs pour cette année ?

Roxana Bressy : J’ai beaucoup appris et je suis ravie de nos bonnes performances de l’année. Le taux de rétention de nos collaborateurs est plus élevé que jamais. Nous n’avons enregistré aucun départ. Nous accueillons même un grand nombre de nouvelles recrues, car nous sommes en train d’étoffer de plus de 50 % notre équipe R&D et produit. En 2018, nous continuerons d’acquérir des parts de marché dans de nouvelles régions et nous nous concentrerons sur la croissance de notre entreprise en intégrant ces nouveaux collaborateurs. Nous souhaitons placer notre retour sous le signe de l’innovation et faire une annonce importante avant la fin de l’année 2018.